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Mais les plus grosses
modifications, dans les premières années de la
mise en service, concernèrent la descente ouest de la
Kicking Horse Pass. D'après le cahier des charges du
CPR, les gradients ne devaient pas dépasser 2,2 % -
c'est déjà beaucoup pour un chemin de fer.
Pour respecter cette norme, le Major Rogers avait
prévu une longue descente avec une pente moyenne de
1,8 %. Cependant, pour économiser sur le prix des
excavations et tunnels, et pour gagner du temps sur la
construction, Van Horne convainquit le gouvernement de lui
accorder une dérogation pour une "une solution
provisoire" qui, du col, rejoindrait la vallée de la
Kicking Horse River à l'emplacement actuel de la
ville de Field, avec une pente
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moyenne de 4,5 %. Cette
section de 6 km, bien vite surnommée the Big Hill,
était le cauchemar des conducteurs de trains.
À la montée, il fallait deux ou trois
locomotives supplémentaires pour pousser les trains
au sommet du col. À la descente, le risque
était bien sûr l'emballement malgré le
blocage des freins et le renversement de la vapeur. On avait
alors aménagé des voies de diversion tous les
1500 m, gardées en permanence par un aiguilleur.
Celui-ci, prévenu par un code de sifflets, aiguillait
le convoi sur la voie principale si le mécanicien lui
avait fait savoir qu'il avait le contrôle de la
machine ; ou bien, s'il ne recevait pas le bon code, il
l'envoyait sur la voie de diversion où le train
terminait sa course, non sans casse évidemment.
Ingénieux, mais pas suffisant pour éviter tous
les accidents.
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Cela en plus coûtait
très cher, spécialement en frais
d'exploitation, une vingtaine de locomotives restant en
opération à Field, et en frais d'entretien,
l'usure des rails sur ces pentes étant très
rapide.
Le CPR étudia plusieurs
options pour corriger le problème : trouver un autre
col, construire une centrale hydroélectrique pour
utiliser la traction électrique sur la Big Hill,
creuser un tunnel de 16 km sous le col... La solution vint
de la Suisse où la technique des "tunnels en spirale"
avait été expérimentée. Il
s'agissait d'augmenter la longueur de la voie, donc de
réduire la pente, en lui faisant faire une boucle
sous la montagne : en creusant deux tunnels en spirale de
900 m chacun, on pouvait augmenter la longueur de la voie de
quelque 7 km en réduisant sa pente à 2,2 %.
Les travaux furent remarquablement conduits - moins de 5 cm
d'écart à la jonction dans les tunnels, sans
guidage par laser ! - et la nouvelle voie fut ouverte en
1909. Bien sûr, les diesels ronflent à la
montée et les freins crissent à la descente,
mais la Big Hill n'est plus un problème. Elle est
même devenue une attraction
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touristique majeure : une
plate-forme a été aménagée le
long de la route n° 1 pour permettre aux touristes de
se régaler en voyant la queue des trains (longs de
près de 2 km comme c'est la pratique en
Amérique du Nord) continuer à
pénétrer dans le tunnel tandis que les
locomotives de tête sont déjà sorties
depuis un bon moment !
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