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The Canadian Pacific
Railway Company
CPR. Ces trois lettres allaient en
quelques années devenir célèbres,
symboles d'une formidable aventure. C'est qu'il restait 3
000 km de voie à construire : 1000 à l'est,
sur le difficile bouclier précambrien, 1500 à
l'ouest sur la Prairie, en principe faciles, puis 500, et
lesquels !, à travers les Rocheuses.
En fait, une des premières
décisions de la compagnie fut de modifier le
tracé à l'ouest de Winnipeg : telle que
l'avait proposée Stanford Fleming en 1875, la ligne
devait traverser la Prairie le long de la Saskatchewan du
Nord, à la hauteur de l'actuelle ville d'Edmonton,
puis les Rocheuses par la Yellowhead Pass, pour retrouver
par la vallée de la Thomson le tronçon en
construction le long de la Fraser. Stephen décida que
la ligne devrait être construite quelque 250 km plus
au sud, passer par l'emplacement actuel de Calgary,
pénétrer dans les Rocheuses par la
vallée de la Bow, et rejoindre ensuite la Fraser.
Officiellement, c'était pour raccourcir le trajet de
quelque 125 km. Plus probablement était-ce pour
profiter pleinement de la clause de monopole, le trajet par
Edmonton aurait permis à des compagnies
américaines de dériver une partie du trafic
escompté. Mais c'était parier que l'on
trouverait un passage pour franchir la chaîne des
Selkirks...
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Deuxième décision
majeure, la jeune compagnie embaucha un nouveau directeur
général : William Cornelius Van Horne, alors
âgé de 38 ans. Né aux États-Unis
dans une famille pauvre d'ascendance
franco-germano-hollandaise, self-made-man, Van Horne avait
montré ses capacités de meneur d'hommes et
d'organisateur à la tête de plusieurs
compagnies de chemin de fer américaines. Esprit
curieux, artiste, passionné de géologie,
aimant la bonne chère et les gigantesques cigares,
grand joueur de poker et d'échecs, travailleur
acharné, Van Horne voyait dans l'aventure du CPR un
défi à la hauteur de sa stature. Le somptueux
salaire attaché au poste - 15 000 $ par an -
n'était pas non plus pour lui
déplaire.
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Dès son
arrivée en janvier 1882, Van Horne, ayant
établi son centre opérationnel
à Winnipeg, s'engagea à construire
dans l'année 750 km de voie en direction de
l'ouest. Il réussit son pari fou,
grâce à une organisation toute
militaire, et une débauche de moyens :
7 600 ouvriers, - et lesquels : les
frères Ryan qui enfonçaient un
crampon avec juste deux coups de masse, et Big Jack
le Suédois qui soulevait seul les
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W. Van
Horne Cliquez
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tronçons de rail de
420 kg... - arpenteurs, terrassiers, charpentiers, poseurs
de voie, 1700 chevaux, 14 locomotives pour les trains de
chantier et de campement du personnel. Et un strict
contrôle de la consommation de whisky... et des
syndicats. La voie atteignit Calgary dès
l'été 1883. Du côté de l'est,
c'était plus difficile, à cause de ce
satané bouclier, mais on avançait quand
même : 1500 hommes étaient au travail, trois
fabriques de dynamite avaient été
installées, deux bateaux transportaient le
matériel sur le lac Supérieur - au passage et
par hasard on découvrait les énormes gisements
de nickel et de cuivre dans la région de
Sudbury.
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